Le journal du cabinet · 15 juillet 2026
Bronchiolite du nourrisson : ce que fait (vraiment) le kiné aujourd'hui
Chaque hiver, la bronchiolite touche près d’un nourrisson sur trois en France. Et chaque hiver, les parents reçoivent des messages contradictoires : « il faut faire de la kiné », « la kiné ne sert plus à rien »… La vérité, comme souvent, est plus nuancée.
Ce qui a changé
Pendant des décennies, la kinésithérapie respiratoire du nourrisson a reposé sur des techniques de percussion (le fameux « clapping ») aujourd’hui abandonnées. Les recommandations actuelles sont claires : dans la bronchiolite simple du nourrisson en bonne santé, la kinésithérapie systématique n’est plus indiquée.
Alors pourquoi des cabinets comme le nôtre reçoivent-ils encore des bébés en hiver ? Parce qu’il reste des situations où le désencombrement garde tout son sens : quand les sécrétions empêchent l’enfant de téter, de dormir, ou quand un terrain particulier (prématurité, pathologie respiratoire) complique l’épisode. La décision se prend avec le médecin, jamais à sa place.
À quoi ressemble une séance moderne
Oubliez les images de bébé secoué : les techniques actuelles sont lentes et douces. L’augmentation du flux expiratoire accompagne l’expiration de l’enfant avec les mains posées sur le thorax et l’abdomen, pour faire remonter progressivement les sécrétions. La séance dure une quinzaine de minutes, toujours avec un parent présent — et elle commence systématiquement par une évaluation : fréquence respiratoire, signes de lutte, état général. Si quelque chose dépasse le cadre du cabinet, on vous oriente immédiatement.
Le geste le plus important reste le vôtre
Le lavage de nez au sérum physiologique, plusieurs fois par jour et avant chaque repas, reste le soin le plus efficace — et le plus mal exécuté. En séance, nous prenons le temps de vous le faire pratiquer devant nous : narine par narine, bébé sur le côté, sans crainte de « mal faire ». Dix lavages efficaces valent mieux qu’une séance de kiné.
Les signes qui doivent faire consulter en urgence
Certains signaux ne relèvent ni du kiné ni de l’attente : une respiration très rapide ou très creusée, des pauses respiratoires, un refus de téter sur plusieurs repas, une coloration bleutée des lèvres, une fièvre mal tolérée. Dans ces cas : le 15, sans hésiter et sans culpabiliser — mieux vaut un aller-retour pour rien qu’un retard.
En pratique à Caen
En période épidémique, le cabinet réserve des créneaux courts pour les nourrissons, souvent le jour même. Venez avec le carnet de santé et l’ordonnance ; repartez avec un bébé plus confortable et, surtout, des gestes que vous saurez refaire à la maison.